Tracker Poker…Kezako?

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La semaine dernière, Fabien nous a présenté et proposé un outil d’aide & assistance très utile en cash game. Cet article a pour but d’expliquer plus simplement aux joueurs qui ont peu d’expérience, le B.A-BA de la « chose ».

Les trackers, il faut commencer par là, ne vous seront utiles qu’en CG. Pourquoi? Il semble évident que les amateurs de S&G et/ou de MTT auront compris que pratiquement jamais, ils ne rencontrent les mêmes adversaires en tournoi.

De plus, même si ce cas de figure arrivait, il ne se reproduirait pas dans les mêmes conditions de stack, d’avancement de tournoi donc de hauteur de blinds, de position ou encore de buy-in du tournoi.

Tous ces facteurs font qu’un tracker rendrait par là même les données recueillies en tournoi, nulles et non avenues. Je ne me permettrai pas de juger des performances de telle ou telle marque… En fait, je suppose qu’à ce jour, toutes sont à peu près aussi performantes. En revanche, l’un des plus connus et reconnus, utilisé par nombre de pros, s’appelle Holdem Manager 2.

Je l’utilise moi-même, mais vous avoue humblement ne pas en tirer encore la quintessence. Pourquoi? Comme les autres, un peu compliqué, trop de chiffres, mise en route ardue, anglais technique difficile à mettre en application. Il faudrait presque une mise en route assistée par un habitué pour ne pas perdre des heures de tâtonnement.

Alors cet article s’adresse à des joueurs n’ayant pas encore franchi le pas, s’interrogeant sur la nécessité d’avoir recours à un tracker et qui sont un peu perdus devant les abréviations ou acronymes dérivés de l’anglais, derrière lesquels sont alignés des chiffres ajoutant au grand flou artistique .

Nous allons tout simplement dissiper ce flou, en simplifiant. Je rappelle que je ne m’adresse pas aux NL 100, 400, etc….Mais aux joueurs n’ayant pas encore une grande expérience.

La première ligne à prendre en considération est claire: votre pseudo + le nombre de mains analysées depuis la mise en route. Ex. marco13win/245. A noter que plus l’échantillonnage de mains est important, plus le testeur, le tracker donnera des chiffres affinés.

C’est le même principe que pour un sondage ou une étude de marché.

Deuxième ligne : en général, 3 chiffres sont importants à prendre en compte. Le VPIP  (Volontary Put Monney in Pot) càd le nombre de fois (en %) où vous mettez de l’argent, où vous rentrez dans un coup, dans un pot, ce volontairement. Donc les blindeurs en sont exclus.

Parce que le fait qu’ils mettent de l’argent dans le pot n’est pas volontaire. A côté de ce premier chiffre, un second qui est le PFR  (Pré-Flop-Raise) càd le pourcentage de coups relancés pré-flop. Après ce second chiffre vient l’ AF (Agression Factor): Le facteur d’agressivité: il n’est pas simple de déterminer la formule permettant d’arriver à ce chiffre.

Néanmoins, il est tout de même assez significatif pour cerner un adversaire; en effet, considérez qu’un bon joueur moyen-normal, a un AF situé entre 2 et 5. En dessous de 2, le joueur sera considéré comme faible-passif-hyper-serré et si la barre se situe au dessus, soyez certain que votre adversaire peut être considéré comme maniaque-fou-fou, ou pour le moins hyper agressif.

Interprétation des 2 premiers chiffres : les bons joueurs sont habituellement dans une tranche se situant entre 16 et 26% de VPIP. Les joueurs plus larges, entre 26 et 36%. Pour faire simple, considérez que votre cible « devrait » être les joueurs trop larges, VPIP supérieur à 40% : donc jouant beaucoup trop de mains marginales (surtout hors position) et qui seront en difficulté le plus souvent, face à vos mains légitimes et mieux sélectionnées.

Cette simple action devrait vous permettre d’avoir le dessus 2 fois sur trois en moyenne sur le long terme. A contrario, même en position et même avec une main légitime, il est conseillé d’être très prudent face à un joueur dont le VPIP  serait inférieur à 15% et qui, pour une fois,  relancerait UTG par exemple.

Enfin, le PFR moyen d’un bon joueur dans la norme, se situe entre 14 et 22%. Au delà des 30%, il s’agira de joueurs extrêmement agressifs. Voici pour la seconde ligne. Simple et qui peut rapporter sinon gros, du moins vous éviter de foncer ou tomber dans des pièges évitables…

La troisième ligne concernera plus les « vols de blinds ». Premier chiffre, L’ATS% (Attempt To Steal) en français le pourcentage de tentatives de vol, lorsque la personne est en position clef pour ce faire.

J’ai nommé le cutoff, le bouton ou le small blind. Ce, lorsque le pot n’a pas été ouvert. Un nombre de mains important s’impose pour sortir des chiffres significatifs. Second/troisième chiffre, indissociables, exemple 85/80, le % de fois ou je fold face aux relances ( vols supposés).  Le premier chiffre, quand je suis en SB (small blind) et le second, lorsque je suis en BB.

Concernant ces 3 chiffres, pour l’ATS, il doit se situer raisonnablement entre 25 et 35%. Si un joueur ouvre moins que 25%, et que vous subissez une attaque, accordez lui du crédit et couchez votre main. Si un joueur attaque avec un ATS supérieur à 40 ou 45%, la « règle » serait de le sur-relancer ou (s’il ne fold pas suffisamment) de le payer plus que de raison, sachant que lui même est en vol systématiquement.

Les lignes suivantes (et elles existent) sont bien entendu intéressantes, mais sont plus lentes à « revenir » ou converger. Il faut environ 400 mains minimum pour qu’elles soient en remontée fiables et significatives. Elles concernent les sur-relances, les check raise ou check- fold, bref un certain nombre de données auxquelles nos amis semi-pros s’adonnent et s’abonnent, mais qu’ils connaissent parfaitement.

Quant à vous, si vous êtes arrivé au terme de cet article, c’est que vous y avez trouvé un intérêt, donc que vous n’êtes pas encore au niveau pré-cité!! Merci!