Emprunter le passage gagnant du Hold’em aux tournois Omaha.

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Envie de changer, de jouer plus de mains (pour un joueur serré c’est le double) ?

De sensations fortes tant le tirage et la variance créent des situations explosives et changeantes ?

Du simple plaisir de découvrir des terres inconnues ?

Les tournois Omaha en ligne sont ainsi fréquentés par nombre de joueurs sautant le pas de façon récente.

Depuis l’automne 2010 et l’autorisation du PLO dans les casinos, l’offre live commence parallèlement à s’étoffer.

Ce n’est qu’un début.

à Intégrez d’emblée : l’avantage preflop est largement moins prononcé.

La fameuse main AAKK double suited, joyau inestimable, n’est qu’à 70/30 contre la pire des poubelles (2 6 9 Q sur 4 couleurs).

Le plus souvent, ce sera au mieux du 60/40.

Ce resserrement des chances de départ, associé à la règle du pot limit, a des conséquences considérables.

–          En début de tournoi tout au moins, la relance preflop, limitée au pot, n’empêche que très rarement d’avoir des mains jouées à 4, 5 joueurs ou plus encore. On dit souvent que l’Omaha se joue à partir du flop (vous lirez bientôt que cette croyance est très réductrice).

–          Beaucoup vont essayer de voir un flop pas cher ou même de contrer la fameuse paire d’As avec la main qui lui arrive quasiment à égalité : 8 9 T J bicolore.

 

à Faut-il donc jouer toutes les mains ?

A l’évidence non !

Vous retiendrez qu’à l’exception des « reines d’un jour » (luck box du tournoi), les bons joueurs affichent un VPIP (% de mains jouées) autour de 40.

 

à Avec quelles mains entrer ?

Il faut impérativement intégrer les deux cartes additionnelles : A A K K bicolore est à 62/38 en tête à tête contre l’ace killer décrite ci-dessus mais en coin flip parfait face à A A 7 2 rainbow.

Le plus simple est de scinder les 4 cartes en 6 paires différentes.

Puis de les évaluer selon les critères du Hold’em : A A 7 2 dépareillés se décompose en AA, A7, A7, A2, A2 et 72. La vraie valeur en apparaît ici bien dérisoire.

Une main devient intéressante à partir de 4 couples forts sur 6.

Admettez également que, si la main gagnante moyenne du Hold’em est « deux paires », en Omaha ce sera souvent la suite ou la couleur.

Il faut donc rechercher les 4 cartes offrant l’opportunité de vaincre à ce niveau.

Pas obligatoirement la paire d’As bien accompagnée : un As et une carte de sa couleur, des connectées sans trou et/ou une belle paire.

Donnons deux exemples : As Ts Tc Jh ou As Ts 9c 8c ne sont pas des mains premiums mais permettent aisément d’entrer dans un pot où l’on ne risque pas plus de 5% de son stack.

« Limper pour voir le flop » serait-il ainsi LA stratégie ?

Certes non, ce serait bien trop réducteur.

 

à Large agressif (LAG) ou serré agressif (TAG) ?

Au Hold’em, les victoires retentissantes des tenants de la « New school » ont clôt le débat.

L’agressivité contrôlée est le maître mot.

La domination qu’apporte un gros stack, l’arme principale.

La phrase leitmotiv étant « Je ne joue pas l’ITM, je vise la victoire ».

Sans minimiser l’avantage indéniable procuré par une masse énorme de jetons, on touche bien là au facteur demandant de grandes capacités d’adaptation aux nouveaux arrivants sur les berges de l’Omaha.

On y répondra volontiers ainsi :

« Pour gagner, commence par survivre, passe la bulle, atteins la table finale, gère-la pour arriver au HU et gagne-le ».

 

à Quels sont les facteurs gagnants alternatifs à la constitution rapide du stack maximum ?

–>  Rappelons qu’en début de tournoi, la structure des blinds et le pot limit réduisent l’espoir de faire fuir.

–>  De même, l’envie de casser les As supposés du relanceur, et cela à faible coût pour suivre, constitue une forte tentation d’entrer dans une main où la côte de pot est fort attirante de par le nombre élevé de participants.

–>  Les côtes preflop, souvent de l’ordre du 60/40, « encouragent » à suivre les agressifs pour tenter de les piéger sur l’inévitable continuation bet.

–>  La nécessité de disposer d’une montagne de jetons se fait moindre quand on sait la facilité de tripler ou quadrupler en une seule main.

 

Le nombre de BB, et son corollaire, le push or fold, n’ont en Omaha qu’un moindre caractère d’urgence.

Les retournements de situation où le short mène la danse après deux ou trois mains gagnées sont légion.

 

Moins de domination avec les belles mains, plus grande difficulté à faire lâcher vilain, jeu de tirages, voilà qui explique toute la richesse et la diversité de l’Omaha.

A la linéaire stratégie du Hold’em, « Je commence fort, j’accélère et finis en trombe », se substituent DES stratégies évolutives.

Les constantes en sont : savoir se rendre illisible, changer de vitesse en cours de tournoi, s’adapter sans cesse, patienter, respecter la position, agresser de façon raisonnée et intégrer les personnalités diverses des adversaires.

Si vous le voulez bien, nous développerons tout cela, ici même dans les mois à venir.