Vers la professionnalisation du poker en France ?

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On le sait, les statistiques sont claires sur ce point, la part de joueurs gagnants au poker est très limitée, grosso modo 5%. Mais 5% des deux millions de français recensés dans les « joueurs de poker », ça commence à faire pas mal. Evidemment les chiffres ne sont pris qu’à titre d’estimation, je doute fort que 100 000 joueurs puissent se targuer de ne pas se broke une fois par mois.

Dans une encore plus faible mesure, il existe les joueurs professionnels, entendez par là les joueurs dont la principale source de revenu est le poker. Alors qu’ils soient grinders anonymes ou stars du circuit, nombreux sont ceux qui essaye de rendre possible un rêve : jouer au poker, dans les plus beaux casinos des plus belles destinations au monde, tout en gagnant des sommes qu’on pourrait qualifier d’extravagantes si le PSG n’avait pas proposé 800,000/mois à David Beckham.

Et j’analyse la chose de cette façon, dans toutes les disciplines populaires, lorsque le professionnalisme se développe, des services spécialisés pullulent en parallèle. On a pu voir plus ou moins récemment quelques signes : des agents de joueurs cachés derrière des boites de comm’, des cartes bancaires spécialisées, des plateformes professionnelles de stacking, et d’ici quelques semaines,  je vous proposerais une révolution dans l’organisation de vos séjours en tournois live. Pire que ça, le poker se syndicalise ! Derrière Philippe Ktorza, tout une communauté se regroupe pour obtenir de meilleures conditions de jeu, à commencer par un lissage des pay-outs.

Ça, c’est pour la forme, et on peut imaginer que c’est encourageant  pour le poker français. Mais dans les faits, qu’entraînerait la création d’un véritable statut de joueur professionnel ? On constate déjà les effets, débats sur la taxation du revenus des joueurs, ce qui soit dit en passant est une idée aussi débile que les impôts à 75% de M. Hollande aux revenus d’un million et plus, ça n’aura qu’un seul effet : la fuite des joueurs vers l’étranger, sans créer de revenus vraiment intéressants pour l’Etat, je reviendrais là-dessus.  On peut par ailleurs espérer une dédiabolisation de la discipline, le mot poker rime pour encore beaucoup de français, à des parties où si on n’a pas de chance, on perd sa maison.

En bref, le constat est net : le poker professionnel devient un créneau auquel il est temps de s’intéresser, on risque de voir de nombreux services apparaître dans les prochains mois, certains plus intéressants que d’autres. Reste à voir si les effets pencheront du côté pervers de la balance, ou pas.