Shamballa et TAGHeuer, une génération de « génies »?

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génie, nom masculin
Sens 1 Personnage surnaturel. Ex Le génie des forêts. Anglais spirit
Sens 2 Aptitude particulière, talent. Ex Le génie des affaires. Synonyme disposition Anglais genius
Sens 3 Aptitude faisant qu’une personne est capable de créer des choses extraordinaires et nouvelles. Synonyme capacité Anglais genius
Sens 4 Caractère propre et distinctif. Ex Le génie d‘une langue. Synonyme nature

1- Vous me direz peut-être pour quelle raison ai-je commencé mon article par une série de définitions sur le terme de génie?

C’est tout simplement pour remettre le mot dans son contexte avant que ne commence une réflexion plus précise sur le thème du jour: Shamballa et Tag-Heuer font-ils d’un jeune joueur un génie du poker?

2-Vous vous demanderez également pourquoi cette question plus qu’étrange n’ayant apparemment aucun rapport avec le poker?

Lors des dernières semaines j’ai pu être « confronté » à cette nouvelle génération de joueurs issus du « net » et qui ont fait « fortune » en « grindant » les tournois réguliers des rooms françaises ainsi que le circuit français « low et middle buy-in » live. A travers ces quelques compétitions ils ont parfois gagné quelques milliers d’euros pour cumuler dans certains rares cas des économies dépassant cinq chiffres, rarement 6 chiffres. Apparaissent alors les phénomènes de « lévitation », des problèmes d’œdèmes aux chevilles et autres symptômes inquiétants pour des individus dépassant rarement les 25 ans. Viennent ensuite les signes extérieurs de richesse comme les bracelets Shamballa « Tu as des boules en cristal ou en diamant? », les chronographes Tag-Heuer ou Breitling, les écouteurs recouverts de feuilles d’or (oui ça va jusque là). En clair les gains transforment peu à peu ces individus en nouveaux riches, en ballas que la hauteur de leurs fortunes amènent à manger du caviar à 16h00, à prendre un taxi pour aller de chez eux à la boulangerie, à se balader en tongs du Ritz dans Paris pour faire sympa.

Mais le problème est pourtant beaucoup plus profond et grave, c’est celui d’un domaine où parfois on peut croire que le poker rend surpuissant, riche et intelligent. Malheureusement il crée un phénomène opposé de « castes », avec les geeks d’un côté et les livetards de l’autre, les jeunes branchés qui boivent de la vodka à 500€ d’un côté, et de l’autre les joueurs discrets que seule la passion du jeu habite.

Gagner un tournoi de poker qui rapporte une somme importante ne fait pas d’un joueur un génie ou un surdoué, la variance permettant même à un « chameau » de gagner un tournoi, la répétition des performances souligne uniquement le talent et le travail qui sont nécessaires à toute réussite et dans tout secteur, mais le génie va bien au delà de cela. Le génie est inné et ne peut pas s’apprendre en lisant les tomes d’Harrington, les réflexions mathématiques de Sklansky, ces livres servant en premier lieu à développer des aptitudes que l’adversaire n’aura pas et rien d’autre.

Récemment j’ai pu lire une définition qui pourrait permettre à tout joueur de poker de réfléchir sur l’attitude à adopter ou encore la réflexion finale à avoir, si il en est encore capable car pour nombre d’entre eux, ils sont devenus des cuistres, des gagnants vaniteux qui ont oublié qu’un jour la variance aura fait son oeuvre:

« Le génie est le talent (le don naturel) qui permet de donner à l’art ses règles. En effet tout art suppose des règles, mais ces règles ne dépendent pas d’un concept, elles sont données par la nature à travers les facultés d’un sujet. Celui-ci doit avoir certains talents particuliers, dont l’originalité et l’exemplarité. En tant que créateur, il ignore d’où lui viennent les idées de ses créations. A travers lui, la nature prescrit ses règles à l’art. Ces règles ne sont pas explicites, et doivent être abstraites de l’acte même. Par elles, l’héritage du génie peut être transmis.

Le génie est totalement opposé à l’esprit d’imitation. Il ne repose pas sur la capacité à apprendre, et ne peut pas s’enseigner. « 

( Crédit: http://www.idixa.net/Pixa/pagixa-0602021255.html)

Je sens déjà poindre à la lecture de cet article la réaction épidermique de jeunes « grinders » en colère, de joueurs blessés, mais la vérité est bien là, et comme a pu le dire Patrick Partouche il y a quelques semaines (je suis pourtant souvent en désaccord avec ses idées)  » Les jeunes joueurs en mal de reconnaissance qui n’ont encore rien prouvé… » disait-il? Bien oui, ils n’ont prouvé qu’une seule chose, qu’ils étaient doués cartes en mains mais qu’ils n’étaient pas encore des hommes.

Pour cela le travail va encore être long, et pour certains ils devraient lire les « magasins » des toutes les bibliothèques du monde pour peut être commencer à s’humaniser.

Mîkâl, votre serviteur