Sans Langue de bois: Giuseppe Zarbo, L’italiano vero

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Giuseppe Zarbo
Giuseppe Zarbo

Pour cette nouvelle rubrique intitulée « Sans langue de bois« , je vous présenterai régulièrement des « acteurs » du poker, qu’ils soient « acteurs/joueurs » ou « acteurs économiques » de ce sport qui est notre passion, de ce jeu qui nous transcende.

« Sans langue de bois » ce sont des portraits, des visions, des questions, des réponses, de la franchise et de la sincérité, si vous lisez ces mots, pensez à  la musique d’Arthur H « Lily Dale » qu’on retrouve dans l’émission « Sept à huit » de TF1, cette musique m’a inspirée pour créer cette rubrique. Imaginez vous un journaliste face à l’invité, des questions, des réponses, des mots et enfin de la franchise dans un secteur poker où trop souvent le sensationnel prend le dessus sur le vrai.

1 – Bonjour Giuseppe et bienvenue sur POKER POST pour cette première de notre nouvelle rubrique « Sans langue de bois ». Afin que nos lecteurs te connaissent mieux j’aimerai que tu te présentes

Bonjour et merci de m’avoir invité afin de  m’exprimer « senza peli sulla lingua ». Tout d’abord je suis de nationalité italienne mais je vis en France : d’où à travers les coverages la fameuse phrase « le plus italien des français » ou « le plus français des italien ».

J’ai une femme adorable et trois merveilleux enfants de 6, 9 et 11 ans. J’ai passé légèrement la quarantaine et je joue avec passion au poker en tournoi depuis 2008. J’adore le poker en live (et d’ailleurs je ne joue pas online) car c’est  le contact avec les gens (joueurs, organisateurs, presse ….) qui me motive avant tout.

Je suis un compétiteur dans l’âme et dans le poker je retrouve les sensations d’ancien athlète que j’ai retranscris aussi dans mes activités professionnels :  l’esprit de compétition, l’endurance, l’approche psychologique et  sportive. Je suis quelqu’un de simple à approcher et qui aime la convivialité aussi bien à une table de poker qu’en dehors . Le poker est une passion mais surtout un jeu et comme tel je le vis : mes lunettes que le bon Antoine Lafond a un jour baptisé « clignotiltantes » font partie de ma vision du poker : un jeu extraordinaire par sa complexité, mais toujours un jeu pour s’amuser.

C’est un jeu où on n’arrête jamais d’apprendre, où l’humilité et la patience sont des qualités nécessaires pour s’améliorer. C’est un jeu à l’image de la société, où tous les milieux sont représentés et qui m’a permis de faire, et continuer à faire des « belles rencontres ». Je joue pour la win, mais je n’oublie pas de sourire quand je bust : dans les compétitions sportives des mes enfants je leur dit souvent « l’important c’est de gagner » mais si on gagne pas c’est pas grave si on a tout donner pour réussir.

2- J’ai le plaisir de te rencontrer sur le circuit quand je fais des coverages, aujourd’hui es-tu joueur pro, sinon, as-tu une autre activité?

Je suis un joueur amateur , le poker pour moi est seulement une passion que j’arrive d’ailleurs difficilement à concilier avec mon travail. Après plus de 9 ans en tant qu’ »auditeur » chez Ernst & Young Milan et ensuite Paris, j’ai crée à Paris fin 2004, avec mon associé, une société de conseil en finance dans le domaine de la Consolidation et Reporting. Jusqu’à fin 2005 nous n’étions toujours que deux. Aujourd’hui j’ai plus de 50 collaborateurs avec une filiale à Milan, un bureaux à Lyon et une antenne à Honk Kong. Par mon activité professionnelle et par mon emploi du temps avec ma famille je privilégie les beaux tournois en France et surtout à l’étranger afin de découvrir (le plus possible avec mes proches) des villes et des endroits sympa en jouant du beau poker (avec des belles structures). Et si je suis seul dés que je bust du Main Event je rentre au travail ou chez moi et je ne réserve jamais d’hôtel (j’adore en revanche rajouter « pour le plaisir» des jours à mon séjour comme au ME WSOP à Las Vegas.

3- Le contexte du poker en France est compliqué et difficile pour les joueurs pros, vis-tu en France aujourd’hui? Ou en Italie? Et quel est ton avis sur toutes ces problématiques?

Pour compléter le tableau précédent je travail à Paris mais j’habite avec toute ma famille à Antibes, donc pas mal de Paris-Nice toutes les semaines.

Oui je te confirme que le contexte pour les joueurs pro (et aussi amateurs) commence à être difficile pour le manque de certitudes réglementaire et fiscales, cela pour tous les protagonistes de cette activité.

J’ai comme l’impression qu’on a fait une loi pour la réglementation des jeux d’hasard en incluant le poker mais sans aucune intention de faire vivre à long terme cette industrie, car sans gros consommateurs aucun marché reste viable et concurrentiel. Si tu perds c’est normal, tu es un fish, et le poker est un jeu d’hasard, mais si tu gagnes régulièrement, tu est traité par le fisc comme un délinquant, un gros tricheur, car tu n’a pas déclaré ton activité occulte de joueur professionnel : une blague quand on sait que les joueurs pour pouvoir être sponsorisé et/ou garder leur sponsor cherchent la plus grande visibilité dans les médias.

L’argument de la rétroactivité de la taxation de gains est celui le plus discutable. Je ne suis pas contre, que l’état se pose la question de la taxation de certains revenus ; pourquoi pas ?

Mais on ne doit pas changer les règles sur un passif: on doit toujours connaitre les règles du jeux (pour n’importe quelle activité dans ce pays) et la possibilité de prendre des décisions sur la base des règles en vigueur. Si pour  le FISC s’était tellement évident, et qu’il aurait fallu déclarer les gains de poker depuis 10 ans pour quelle raison la député Filippetti a déposé en 2011 deux amendements pour taxer les gains de joueurs de poker et les deux amendements ont étés rejetés par le Parlement car pas suffisamment précis?

Mon opinion est que tous les « opérateurs » de cette industrie se réunissent pour demander une réglementation du jeu et des joueurs claire : les seuls joueurs ne suffisent pas. Les rooms, cercles et casinos doivent se mobiliser à côté des joueurs car toutes les différentes décisions fiscales, administratives et judiciaires sont en train de changer totalement  ce marché. En Italie suite aux décisions judiciaires excluant le poker de jeux d’hasard, l’état à réglementé le jeu en live avec l’attribution prochaine de 1000 licences pour  l’exploitation du poker en live.

4- En dehors du poker quelles sont les passions qui t’animent et te permettent de t’évader?

Ma plus grand passion  aujourd’hui ce sont mes enfants, et ça me passionne de leur transmettre l’amour du sport en tant qu’ancien athlète et sportif. Quand je peux je joue le coach sportif de ma fille aînée Alessia (une vrai championne : courses et décathlon  ça me rappelle mon passé, et je joue au foot avec mon petit de 9 ans, j’arbitre souvent des matchs: le calendrier sportif de l’année est bien rempli et épuisant.

L’été on en profite de toute la famille pour faire du ski nautique, et je pratique de temps en temps le golf en ayant un Hcp 19, mais en privilégiant  le poker comme 1er hobby, le golf s’est retrouvé pas mal délaissé.

5- Pour terminer j’aimerai que tu me cites les trois choses que tu adores le plus dans la vie et aussi les trois choses que tu détestes le plus (dans la vie en général et dans les secteurs que tu veux).

J’aime beaucoup des choses dans ma vie et outre les bisous des mes enfants quand je rentre le week-end,  j’aime:

1)      Les repas en famille et entre amis. J’aime cuisiner et surtout les repas bien « arrosés » lol

2)      Les sorties en bateau aux Iles de Lerins et dans l’Esterel

3)      Voyager avec ma famille avec  un beau tournoi de poker au milieu.

 

Je déteste, ça c’est plus difficile, mais je veux essayer:

1)      les pâtes Panzani, j’arrive même pas à comprendre qu’on les achètent. SVP faites pas des économies sur les pâtes et acheter De Cecco ou Voiello (conseil d’un vrai italien)

2)      les repas où on bouffe mal et avec des vins médiocres

3)      quand l’Italie perd la Coupe du Monde de foot aux pénalties (même si la dernière finale gagné a un peu effacé 1990, 1994, 1998)

 

Merci à Giuseppe Zarbo qui à répondu à cette interview « sans langue de bois », avec ses mots et sa « vérité ou du moins avec sa vision de la vie, celle qu’il aime près de sa famille.