Tapis dans l’ombre…

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fab turbopok

Tapis dans l’ombre, pour mettre les joueurs en lumière, l’interview des reporters-poker: Fabien Richard (Turbo Poker)

1-      Bonjour Fabien, peux-tu te présenter en quelques lignes (cursus pour arriver à ce poste, expériences dans le poker, emploi actuel…) ?

(Fabien Richard) Bonjour Mehdi,

Je suis arrivé dans le monde du poker de façon totalement professionnelle en 2010. Après avoir créer le St Quentin Poker Club, je me suis rapproché en mai de la même année de Anis Zenati, créateur du site « TribuPoker », site à l’époque communautaire bâti comme un réseau social et qu’il souhaitait développer. Grâce à Anis j’ai pu écrire mon première article professionnel de poker qui fut à l’époque également le premier article sur Ilan Boujenah dans la presse écrite, une double page dans le magazine Cards Player France. Après plusieurs articles sous les couleurs de TribuPoker dans le même magazine dont un papier sur Las Vegas en juillet 2010, j’ai travaillé quelques mois pour le magazine « That’s poker », articles techniques et généralistes. J’ai fait après une petite pause avant de revenir très fort en 2012 : je travaille depuis presque un an comme journaliste officiel de la team pro TURBO POKER en France, j’écris pour plusieurs sites mais je suis surtout responsable poker du site d’infos « pokéristiques » POKER POST, dont je suis responsable du développement éditorialiste sur le poker.

 

2-      Les voyages (Vegas, Cannes, Dublin, San Remo…), les hôtels de luxe, les virées nocturnes avec les joueurs, les Royal Flush Girls, être payer pour voir des tournois de poker… En gros, c’est le métier de rêve, non ?

(F.R) Le métier de rêve… Pour une fois ayons une vraie vision de ce métier. Nous sommes très souvent, voire trop souvent éloignés de notre famille, de celle qu’on aime ou de nos familles pour ne penser qu’aux avantages d’un métier trop souvent déconsidéré. Pour un grand nombre de joueurs nous dérangeons, nous « jugeons » sans en avoir la capacité et plusieurs fois j’ai eu des discussions « endiablées » avec des grinders mécontents. Le poker étant un jeu où tout le monde s’aime, moi le premier car on veut toujours être meilleur que son voisin, on a du mal à avoir le recul nécessaire. Las Vegas, Dublin, les hôtels, les nuits à s’enivrer…tout cela peut parfois s’estomper derrière le manque de sincérité du secteur dans lequel nous évoluons. Disons que si je devais être franc, il y a peu d’humanité et beaucoup de paillettes, ou alors les paillettes se transforment parfois en rondin de bois qu’on prend dans la tête.

 

3-      Es-tu toi-même joueur ? A quel niveau te situes-tu ?

(F.R) Je suis joueur quotidien quasiment, très peu online, je suis un gros livetard comme aime à le répéter mes amis joueurs et pros du circuit qui me connaissent bien. En tant que président de club mais aussi joueur je travaille beaucoup ma technique à travers des lectures, vidéos…J’ai crée il y a quelques mois pour avancer une équipe de poker humanitaire (www.team-unitpoker.com) avec laquelle je me bats pour également un poker plus humaniste et humain. Je suis également membre de la team POKER POST sur le support de stacking MYPOKERSQUAD : http://start.mypokersquad.fr/PokerPost/

 

4-      Le fait de côtoyer les meilleurs joueurs et de relater des milliers de moves te permet-il de progresser dans ton jeu ?

(F.R) Ca c’est le gros gros avantage de ce métier : l’observation et « l’assimilation » d’éléments, de faits de jeu que nous ne pourrions pas voir dans des parties quotidiennes. L’étude des comportements, des réactions, des sizings, de moves élaborés, au bout de quelques mois j’ai été capable de vous dire ce que certains joueurs cherchaient à faire dans telle ou telle partie. Je vous ne donnerai pas mes secrets sinon si j’ai la chance de jouer contre eux demain je ne pourrai plus les piéger:)

 

5-      As-tu créé des liens particuliers avec certains joueurs/ses ?

(F.R) Je suis devenu très amis tout d’abord avec les amis de ma famille poker, celle de TURBO POKER en France. Carlos Lopes grâce à qui je suis dans la team aujourd’hui comme journaliste, Stephan Gerin mon marseillais préféré sur le circuit professionnel de poker et avec qui je discuterai de nos souvenirs de l’OM de ces 20 dernières années et bien sur Florent Marques dit le « Sanglier de Gaillac ». Ensuite une dédicace spéciale à Philippe Ktorza qui est devenu un ami, Jean-Paul Pasqualini le corse au grand cœur et Guillaume Darcourt, le boa le moins dangereux du monde:). Au niveau international, une pensée particulière à Faraz Jakaavec avec qui nous avons toujours autant de plaisir de discuter sur les tournois comme via le net. J’aurai également une pensée particulière pour mes amitiés avec les TD ou floor sur le circuit qui font un boulot exceptionnel, avec une pensée particulière pour le « dandy » Benjamin Camps et le créateur de projet Pierrick Torasso. En Europe pour moi le meilleur restant Thomas Kremser et le génial Gérard Serra qui le représente sur les tournois en Europe.

 

6-      Quel est ton meilleur souvenir pokéristique en tant joueur ?

(F.R) Mon premier ITM à l’Aria à Las Vegas en 2010, mon épopée avec WINAMAX en partant d’une qualif club qui m’a conduite à la 4ème place nationale du WINAMAX TROPHY en 2011 et l’ITM qui s’en est suivi à Dublin. Il y a bien sur ensuite la victoire à l’étape live de Sedan cette année pour me qualifier directement à la grande finale du WiPT. Mais précisons que toutes les victoires ou deep run restent souvent un très beau souvenir.

 

7-      Et en tant que journaliste ?

(F.R) Ma découverte de Vegas en 2006 alors que je n’étais alors qu’un passionné de poker qui rêvait d’écrire ses premières lignes sur la ville du pêché (oh mon dieu je suis un grand pêcheur lol), mon retour sur les WSOP à Las Vegas en 2010 en tant que journaliste. Au « coeur » d’un tournoi je citerai deux superbes moments : la victoire de la finale de l’ACF POKER TOUR de Florent Marques en 2012 et la place de runner-up il y a quelques jours de mon ami Stéphane Benadiba au WPT NATIONAL SERIES de Paris. J’espère encore en vivre de nombreux avec tous mes amis du circuit.

fab photographe

8-      Des sites et des magazines mettent la clé sous la porte, des joueurs sont soumis à des contrôles fiscaux, des tournois importants perdent en affluence… Le beau château de cartes du poker ne serait-il pas en train de s’effondrer ?

(F.R) Non il se modifie, il change, il évolue. Il existait beaucoup trop de références qui se cannibalisaient, qui se faisaient de l’ombre, aujourd’hui « le palmier cache un peu moins le soleil, mais il faut une bonne protection solaire ».

 

9-      Comment voyez-vous votre avenir dans le poker (et/ou autres) ?

(F.R) Mon avenir je l’imagine près des miens, de ma famille de mes amis, le poker ou tout autre chose, mon avenir je le vois dans la proximité et l’épanouissement personnel. Mes passions dans la vie, la chanson/théâtre et le poker me font vivre depuis bientôt 13 ans alors que des tas de gens se lèvent tous les jours tristes d’aller travailler.  Pour moi chaque jour est un plaisir épanouissant.

 

10-  Mrik, depuis la fin de Poker Leaders,  est sans emploi. Dans le dernier billet de son blog (Les pigeons se cachent pour mourir : http://therealgame.overblog.com/les-pigeons-se-cachent-pour-mourir ), il dépeint un tableau pas très glorieux du poker. Pourquoi ce coup de gueule à ton avis?

(F.R) Aymeric a une vision acerbe du métier du secteur car comme je le disais au début de l’article, beaucoup trop « d’acteurs » du  métier sont spécialistes du « rond de jambe », « passage de cirage » et « déroulement de tapis rouge » en tout genre. Il faut faire le tri parmi les bons et les malhonnêtes, comme dans l’humanité tout en se méfiant des « cannibales », certaines et certains profitant de la crédulité des autres, de l’argent de certaines ou certains sans se cacher d’être des profiteuses ou profiteurs professionnels, on passe du statut de grinder à celui de profiteur, j’aime cette phrase lol