Le poker marcherait-il sur la tête?

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Le poker marcherait-il sur la tête ?

Nous avons tous à travers nos parties de poker, certains tournois, ou dans certaines situations, connu des moments de flottement, de questionnement sur une décision arbitrale. A travers différents événements, revenons sur des décisions qui parfois soulèvent débats et doutes.

Si nous posions la question à Gaëlle Baumann, que répondrait-elle ?

Crédit photo : poker52.fr
 

17 juillet 2012WSOP à Las Vegas, Gaëlle Baumann est « victime » d’une décision plus que litigieuse sur un fait de jeu assez étrange : « Le directeur du tournoi, Dennis Jones, est appelé pour intervenir et tenter de résoudre ce dilemne. Après un long moment de réflexion et d’incertitude,  il décide finalement que Koroknai ne payera que les 60.000 de départ. Gavin Smith, choqué par cette annonce, exige l’intervention de Jack Eiffel, vice-président des WSOP. Contacté par téléphone, ce dernier confirme officiellement la règle énoncée par Denis Jones. Pour Gaëlle, sonnée, la pilule est difficile à avaler. Avec paire de rois en main, la Team Pro Winamax n’aurait certainement pas hésité longtemps à pousser ses jetons.

Ironie de l’histoire, Andras Koroknai éliminera Gaëlle à la 10ème place lors du Day 7. Ce coup du sort, à l’avantage du Hongrois, aurait peut-être ainsi permis à la Française de rallier la table finale. » ( Infos de juillet 2012 via poker52.fr)

Cette décision a fait débat et a soulevé des questions durant plusieurs semaines, les joueurs à travers la planète poker se demandant alors qu’elle aurait été leur réaction si ils avaient été victimes d’une telle mésaventure.

Nous avons pu constater à travers l’Europe des décisions litigieuses ces derniers jours et nous allons vous en présenter quelques exemples assez intriguants.

Au Gran Casino Madrid, dans la semaine du 9 au 14 avril 2013, nous avons pu nous rendre compte que le poker parfois devient « fou ». Croupiers qui ne savent pas compter les jetons, joueur à tapis qui push all-in et remporte le coup en étant payé sans que le croupier ne vérifie la valeur de son tapis et le paie sans « broncher ». « Le pire du pire » étant un joueur espagnol qui avant de compléter une relance, montre sa main à 10 joueurs enivrés se trouvant tous derrière lui sans que sa main ne soit brûlée, le relanceur perdra la main sur un all-in au flop et personne ne bronchera.

Dans ces quelques exemples nous pouvons relever deux faits majeurs : des mauvaises prises de décisions mais aussi un manque flagrant de compétence des croupiers et des floors, avec tout le florilège d’erreurs que l’on puisse faire en non-respect des règles internationales (chaque règle peut être adaptée selon la situation mais il existe tout de même des bases communes à tous les lieux de tournois du monde). Dans ce premier exemple sont soulignés les problèmes de formations et de prises de décisions qui sont un des premiers exemples en terme de gestion d’un tournoi ou d’une room de poker.

Nous pouvons aussi avoir l’exemple de règles sur le comportement et l’attitude des joueurs en tournoi

Crédit photo : Fabien Richard
 

Thierry de Quick, joueur professionnel belge, au palmarés déjà important (http://pokerdb.thehendonmob.com/player.php?a=r&n=239091) a été victime il y a quelques jours d’une décision d’un directeur de tournoi très intriguante et non pas sur un fait de jeu, mais sur un fait inhérent à une table finale.

Le poker comporte des règles sur le jeu mais aussi sur la bienséance lors du déroulement d’une partie et c’est sur cela que Thierry de Quick a injustement été « pointé du doigt ».

Alors qu’il se trouve en table finale d’un event au Casino de Namur, et selon ses dires, il se voit offrir une boisson en table finale de l’événement par la direction comme cela se fait très souvent à travers les cercles et casinos, pour remercier les joueurs de leur fidélité.

Thierry voyant que la consommation qu’il a commandé ne correspond pas à ce qu’il a demandé, il en fait part au barman afin que celui-ci modifie sa commande. Il se verra alors répondre par un barman « celui là tu lui donnes rien, et toi (le barman s’adresse alors à Thierry de Quick directement) si tu continues je te coupe les doigts ». Thierry montrant son mécontentement sera alors exclu du casino et c’est là que va intervenir une décision arbitrale encore jamais vue. Le directeur du casino préviendra Thierry de Quick qu’il peut terminer sa finale mais qu’à la suite de celle-ci il sera exclu du casino à compter de ce jour ainsi que dans les autres casinos belges de Chaudfontaine et Spa. Dans cet incident, le joueur est doublement sanctionné celui-ci étant aussi premier du ranking tournoi à Namur et de ce fait il perdra sa première place et le titre lui étant promis (Thierry a été sur la saison en cours plus de 15 fois en table finale d’un event à Namur).

Comment alors expliquer cette décision ou cette règle ? Comment valider le choix du casino ou du responsable poker qui ce jour précis a appliqué une règle très étrange ? A ce jour aucune réponse du casino ou des parties concernées à part celle de Thierry, mais que répondre lorsqu’on connait ce joueur respecté dans toute l’Europe pour son fair play et sa gentillesse ? Car dans cette affaire c’est bien une décision des responsables des jeux et non pas de la sécurité, qui a conclu à une exclusion totale du joueur. Cette version n’est que celle de Thierry de Quick, et nous souhaiterions une précision de la part du casino, chaque « acteur » d’un fait ayant droit à sa réponse et sa version, ce qui nous semblerait logique pour expliquer l’affaire.

Nous venons de pointer quelques exemples flagrants de décisions étranges, et celles-ci ne peuvent être défendues, car elles ont modifiées ou changées le court d’une compétition ou d’un tournoi dans sa finalité ou encore changées un classement final qui aurait été différent. Souvent les décisions ne sont pas expliquées ou soutenues, ce qui amène au doute également de leur fondement. Le poker doit toujours proposer dans ses règles et décisions, une ligne de conduite commune et équitable, pour ne pas devenir une sorte de « cirque » ou de western qui finirait par mal tourner.