Poker et Coverage : Quand t’es blasé, faut t’arrêter ?

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Poker et Coverage : Quand t’es blasé, faut t’arrêter ? Il y a déjà un long moment que je souhaitais vous parler un peu plus précisément du métier de « couvreur » poker ou encore « journaliste » de tournois, en essayant de prendre le plus de recul possible sur un métier qui me passionne, et qui chaque jour envoie sur le terrain aux quatre coins de la terre mes collègues, appareil en bandoulière et calepin à la main.

Mais étrangement et récemment, nombre de fans de poker et de joueurs m’ont fait une réflexion commune : les coverages deviennent moins passionnants, les contenus moins quantitatifs et souvent moins qualitatifs. Y aurait-il un malaise dans le monde du coverage ?

Quand tu insultes un joueur de « mongol », vérifies toujours que son frère ne soit pas trisomique !

Depuis que « j’œuvre » dans ce métier, j’ai pu à travers quelques années (3 au total de façon continue), rencontrer des personnalités différentes, des gens aux qualités humaines plus ou moins sincères, des personnages étranges et parfois même des « artistes » se prenant pour la réincarnation d’Hemingway : se balader d’hôtel en hôtel avec un bout de papier dans la main et raconter des histoires ça ne veut pas dire avoir du talent, si ?

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Certains d’entre nous on peut être rêvé de devenir des auteurs de légendes, des écrivains accomplis, mais je tenais à vous rassurer, ce n’est pas en contant un 3-Bet qu’on gagnera le Pulitzer : j’ai bien vérifié, pas encore le moindre nom de journaliste poker au palmarès du Pulitzer, « on nous aurait menti à l’insu de notre plein gré » ?

Récemment un joueur m’avouait qu’un « journaliste » en désaccord avec lui le traita de « mongolien » ! Preuve à l’appui il m’explique que souhaitant discuter avec le dit « journaliste », celui-ci lui aurait répondu « Je n’ai pas envie de te parler, dégages sale mongol ! « ; Ah merde…pas de chance…le frère du dit joueur est « mongolien » et atteint de trisomie 21, tu aurais dérapé « ami journaliste » ?

Pensant que cela était un excès de zèle, je me remémorai l’attitude humaine et professionnelle merveilleuse d’un autre « couvreur » qui eut ces mots merveilleux : « On s’en fout du nom de ces 100 connards, l’important c’est le nom du connard qui gagne !« . Comme c’est beau un monde de passion, non ?

J’ai bien vérifié, pas encore le moindre nom de journaliste poker au palmarès du Pulitzer, « on nous aurait menti à l’insu de notre plein gré » ?

Je me pose alors la question de savoir si raconter des tournois, conter des histoires de cartes, donne tous les droits et peut laisser place à des avis irrespectueux et des attitudes pédantes. Je n’ai jamais eu la prétention de croire que j’étais bon dans mon travail ou de juger mes propres travaux, pourtant de nos jours certains pensent « qu’au-dessus d’eux c’est le soleil » et que tel un dieu grec ils pourraient de leur trident frapper les « océans de joueurs » de leurs supériorités intellectuelles.

Je conseillerai à certains « journalistes » de revoir leurs priorités, de se demander si le coverage de demain n’est pas celui de trop, ou si leur histoire avec les histoires de poker n’est pas terminée. Certains en arrivant même à penser qu’ils ne gagnent pas assez, ils devraient réfléchir en se demandant : demain, aimeraient-ils aller balayer dans le métro pour ensuite rentrer dormir dans leur HLM au lieu de faire des photos de Hellmuth en dormant dans un quatre étoiles. C’est dur la vie de couvreur hein… ?