Poker : Top 10 des traductions foireuses

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Vous aimez le poker, mais vous êtes nul en anglais. Et à chaque fois que vous devez décrire l’une de vos parties endiablées, vous êtes contraint de prononcer tant bien que mal les expressions qui montreraient pourtant votre parfaite maitrise de ce jeu, et tout le monde se moque de vous. Alors, pourquoi ne pas jouer « à la québécoise », avec quelques traductions un peu tirées par les cheveux, pour se libérer du joug culturel des Américains ? En complément des expressions déjà traduites, quinte, couleur, relance, etc…, voici une sélection de termes francisés qui vous permettront de taper le carton avec des Académiciens.

 

  1. « Effondrée » (Flop)
    Le flop étant le terme désignant les trois cartes découvertes dans les parties de hold’em, une expression imagée telle que « premier jet » ou « giclée originelle » aurait pu convenir, mais aurait été trop longue. Préférons la traduction littérale, qui ne déçoit jamais.
    Exemple : « Avec un brelan à l’effondrée, je relance sereinement.« 
  2. « Sous le calibre » (ou « sous le soufflant », pour les plus anciens) (Under the Gun)
    C’est quand même dommage de disposer de toute la filmographie d’Audiard et de ne pas être capable de traduire « gun ». Si vous êtes le premier à parler, vous êtes livré à vous-même, sous le pétard. Si vous jouez avec des amis rappeurs, l’expression « sous le calibre » fera mouche.
    Exemple : « Chuis pas une sale poukave / et sous le calibre même pas je bave« 
  3. « Assis et c’est parti » (Sit and Go)
    Ce mode de jeu impliquant qu’on commence à jouer quand la table est pleine devrait pouvoir être désigné par une expression française, « on n’attend plus qu’toi » ou « tout le monde est là on y va ». Mais pour faire simple, on préfèrera A&P, « Assis-Parti », qui permettra de communiquer simplement et efficacement.
    Exemple : « La navette d’aéroport c’est pratique mais comme c’est du assis-parti, on ne sais jamais quand il démarre.« 
  4. « Mauvaise pulsation » (Bad beat)
    Perdre son tapis sur une vilaine carte tombée au dernier moment, c’est rageant, mais ça n’excuse pas la négligence de notre belle langue. Plutôt que « bad beat », parlez de « coup de bambou », voire de « coup de Jarnac ».
    Exemple : « Deux As dans la main et un autre dans l’effondrée, à moins d’une mauvaise pulsation, je ramasse le magot.« 
  5. « Coup d’intestin » (ou « coup de boyau ») (Gutshot)
    Un gutshot consiste à compter sur l’arrivée d’une carte bien précise pour compléter sa quinte. Il faut donc avoir des tripes pour miser gros là dessus.
    Exemple: « Encore un coup de boyau réussi ? Je serais toi, j’appellerais ma femme pour savoir ce qu’elle fout.« 
  6. « Grosse aveugle » (Big blind)
    La grosse blind est payée par le joueur précédent celui qui doit ouvrir les hostilités. C’est un droit de participation que l’on règle avant même de savoir ce qu’on aura dans les mains. Aucun rapport donc avec l’idée d’une dame forte atteinte de cécité, mais l’expression est marrante.
    Exemple : « Je suis presque à sec et je dois encore payer la grosse aveugle.« 
  7. « Esbroufe » (Bluff)
    Encore une fois, la traduction littérale donne des résultats spectaculaires : le joueur qui en fait des tonnes pour convaincre qu’il a mieux que les pauvres cartes moisies qu’il tient dans sa main fait de l’esbroufe, ne tombez pas dans son piège grossier.
    Exemple : « Tu fais de l’esbroufe, Martoni!« 
  8. « Super jumelles » (Overpair)
    Lorsque l’on a une paire constituée de cartes plus fortes que toute autre carte visible sur la table, on peut dire pour frimer qu’on dispose d’une « overpair ». Mais si on respecte un peu notre belle langue, on peut compter sur ses « super-jumelles » pour anéantir les économies de ses adversaires. Mais évidemment, le mieux, c’est de ne rien dire du tout, la discrétion étant encore la meilleure stratégie à adopter.
    Exemple : « Avec mes super-jumelles, je ne crains qu’un brelan floppé à l’effondrée, mais ce ne serait pas de bol.« 
  9. « Chiquenaude » (Coin flip)
    Quand deux joueurs se font face avec exactement les mêmes chances d’emporter le tapis, c’est un Pile-ou-Face. Mais « pile-ou-face », c’est déjà un nom de jeu (certes très con, mais un jeu quand même), du coup, on préfèrera « chiquenaude ».
    Exemple : « La tartine est tombée côté confiture, ça s’est joué à une chiquenaude« 
  10. « Tisonnier » (Poker)
    Si on cherche à traduire littéralement le nom de ce jeu, on peut se dire que le « poker », c’est celui qui « poke », mais comme « poke » se traduit par « fourrer », et si vous proposez à vos amis une petite partie de « fourreur » en fin de soirée, des malentendus pourrait survenir. Préférons donc le mot « tisonnier », cet objet en ferraille servant à attiser les flammes d’un foyer.
    Exemple : « Peu-peu-Peut pas lire, peut pas lire, non il ne peut pas lire mon visage de ti-ti-tisonnieeeer…«