Passez la Barrière, écurie à l’étage !

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Somptueux décors, joueurs par milliers, des milliers de mains jouées pendant tout un festival. Deauville et sa splendeur, ses « ouvriers » du poker, ses croupières et croupiers par dizaines. Et c’est là que se gâte l’histoire, pour ces « petites mains » du poker. Passer la Barrière, écurie à l’étage !

C’est par un petit mail « amical » qu’avait commencé le contact en cette fin d’année 2014 ou ce début 2015, entre les organisateurs du Festival de poker de Deauville (nous ne noterons jamais EPT…PokerStars n’étant en rien acteur de l’histoire que je vais vous conter), et les dealers de tous les tournois de cette semaine de poker, pour les informer que cette année, deux lieux accueilleraient les « petites mains » du poker, pour que celles-ci et ceux-ci puissent se loger et se reposer durant toute la période de travail. Habituellement à Hoche dans un premier hôtel, que nombreuses et nombreux jugèrent comme le pire logement pour accueillir des travailleurs (de tous les temps dans une organisation de poker nul ne connue un endroit aussi lugubre d’après leurs dires), le second hôtel étant une surprise pour cette année, étant donné que certains logeraient à l’hippodrome de Deauville. Mais que voulait-on dire par hippodrome ?

Tels des aventurières et des aventuriers des temps modernes, ils partirent dans le train vers des heures de travail qui leur tendaient les bras,mais c’est une sorte de gifle monumentale qui allait les attendre. Pendant le voyage, premier coup de téléphone, et là c’est la première blague, la première pochette surprise, les employés déjà arrivés au fameux hippodrome découvrent qu’ils dormiront…au dessus des écuries, c’est pas royal et classieux ça ?

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Cette photo ne reflète pas la réalité, on peur rire non ?

Une belle odeur de purin qui embaume les lieux, des chambres et des literies sales, du grand luxe au pays de la splendeur du début du siècle, dans la ville normande où se mêlent ordinairement classe et élégance. De plus seulement 6 douches mixtes pour 30 personnes, au cas où l’une ou l’autre aurait décidé de se montrer à moitié nu à son collègue de travail, une nouvelle version de « l’auberge espagnole » version Victor Hugo.

Vient alors le 27 janvier, et le premier briefing (deux groupes de dealers travaillant dans une journée il y a deux grands briefings), fameux briefings entre croupières et croupiers, et la direction de Barrière par le biais de Lucille Denos, qui comme toujours accueille avec sympathie et sourire ces travailleuses et travailleurs pour leur expliquer le déroulement des journées de travail. Pendant le même briefing vont alors remonter les griefs des employés, et là, plus rien ne va se passer comme de la normale. « Comment ça vous n’êtes pas contents des conditions de logement ? Mais je pensais vous faire plaisir en vous logeant dans cet endroit » s’étonne alors Lucille Denos. Les croupières et croupiers n’auraient alors donc pas compris qu’ils furent 30 « chanceux » à avoir l’honneur de dormir dans un tel « paradis » ? Sur ce, pas d’autre solution, aucune autre possibilité, et si « les gens ne sont pas heureux, ils peuvent partir ! ».

7 croupiers prirent alors la décision de ne pas accepter cette situation et de rentrer chez eux afin de ne pas subir les désagréments d’une telle situation, avouons-le, situation étrange et saugrenue, nous ne sommes plus au 17 siècle tout de même, si ? Certains espérèrent alors que des croupiers de l’équipe « du soir » se rallieraient à leur cause pour ne pas se sentir « 6 Spartiates » contre le reste de l’armée « grecque ». Ce fut le cas car ils furent au total 14 à ne pas accepter de tels événements, mais la « fête de la saucisse » n’était pas terminée.

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Ce 28 janvier, nos « 14 Spartiates » « boucliers aux poings » (c’est une expression, ils n’étaient pas réellement armés, pas de panique), bagages en mains, se rendent à 14h00 auprès de l’organisation, Lucille Denos ayant affirmé hier soir que tout le monde serait relogé pour ne pas créer d’incident et que tout serait solutionné en ce mercredi pluvieux de Normandie. 14h00 rien, il faut revenir à 18h00 ! Ils prennent alors leur mal en patience et reviennent à 18h00.

Mais à 18h00, c’est la « piste aux étoiles », l’entrée des artistes du rire, tant ce qui va en découler va être en opposition avec les mots respect et engagement. Les croupiers vont êtres accusés d’insubordination, d’abandon de poste, ce qui est loin d’être le cas, certains étant déjà retourné chez eux alors que d’autres sont toujours là, les fameux « 14 résistants » (précisons que certains ont dormi sur le sol dans la nuit du 27 janvier au 28 janvier pour rester sur Deauville et trouver une solution). C’est alors que dans un échange « cordial », Lucille va même menacer d’appeler la sécurité pour faire sortir certains, qui expliquaient juste que dormir sur le sol valait un minimum de respect, et non pas un coup de pied au cul pour se faire mettre sur la touche.


Quoi qu’on en pense, aucune croupière ou aucun croupier n’aurait intérêt à se mettre en opposition au système ou à un organisateur, il y a bien eu un problème à Deauville, certains ne se sont pas rebellé pour rien, il va falloir réagir, car dans le poker, tout part décidément en « cacahuètes »… je ne demande qu’une chose, qu’on puisse me répondre, répondre aux « petites mains », le droit de réponse a toujours été chez moi un droit et un devoir de journaliste impartial !