« Valvegas », un EPT sans regrets et sans doutes

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Crédit photo : Neil Stoddart

 

Un homme sans regrets, sans doutes et avec la volonté de montrer l’image d’un joueur responsable, c’est le sentiment que dégage Valentin « Valvegas » Messina dès que vous vous adressez à lui. C’est au père de famille attentionné et à l’amoureux de la vie que nous avons posé quelques questions, quelques heures seulement après avoir touché « le Saint-Graal » du bout des doigts.

Fabien : Quelques jours avant cet EPT de Malte 2015, tu ne devais pas y participer. Tu n’en avais pas envie ? Une question de gestion de BR ? Puis finalement tu te décides à le jouer, pour une raison particulière ?

« Valvegas » : Oh si l’envie était bien là ! Disons plutôt que j’essaye de faire très attention à ma bankroll depuis deux ans et j’ai une gestion assez stricte de cette dernière. N’ayant pas réussi à me qualifier online je ne devais pas le jouer. Maintenant quand tu vois tous les copains le jouer et que ce festival est le premier du genre à Malte, à seulement quelques pas de la maison, cela devient dur de ne pas être tenté. C’est pour cette raison que sur un coup de tête j’ai décidé de vendre des parts de mon tournoi, afin de réduire le coût du tournoi tout en me faisant plaisir !

Fabien : Quand le tournoi a commencé, as-tu senti quelque chose de particulier par rapport à d’habitude ? Comme une sensation positive ? (Certains sportifs parlent de cette sensation parfois avant un titre ou une très grosse perf).

« Valvegas » : Non pas spécialement. J’avais bien évidemment une énorme envie de briller et de faire un gros résultat. Je peux peut être expliquer cette faim de perfer par deux choses : la première c’est qu’en tant que staké on a vraiment envie d’aller loin et de faire honneur à nos sponsors. Et puis ne jouant pas énormément de live désormais (je joue en moyenne pas plus de 10 tournois live par an),  j’avais vraiment envie d’un gros résultat !

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Crédit photo : Neil Stoddart

 

Fabien : Il y a toujours dans un tournoi un « levier », un moment charnière, tu te souviens quand il a eu lieu dans cet EPT pour te permettre de terminer second ?

« Valvegas » : Difficile à dire. Il y a eu bien sur un coup du sort lors du DAY 2 lorsque Sam Trickett a décidé de faire un énorme fold préflop en jetant paire de valets en main lorsque je détenais AK et que j’ai fait tapis pour isoler le shortstack avec KT. Il s’avérait qu’à ce moment là Sam Trickett me couvrait en jetons et que si il avait payé les deux tapis j’aurais été éliminé à l’issue d’un board KJxxx. Ensuite lors du DAY 5 un coup clé m’a clairement redonné de l’espoir lorsqu’en combat de blinds j’ai réussi à extirper le maximum de jetons à l’excellent Robin Ylitalo qui m’a bluffé lorsque j’ai slowplay les nuts à la turn avec une couleur max ce qui m’a permis de doubler et de revenir dans la course. Et enfin la première main de la table finale à 9 lorsque d’entrée de jeu j’ai trouvé deux as et pris le maximum de jetons à mon adversaire Schillhabel dans un pot 3Bet.

Fabien : Comment as-tu abordé tes confrontations à table face à tes compatriotes ?

« Valvegas » : De la même manière que mes autres adversaires. En ne faisant aucune différence ! Je ne pratique pas le softplay et je déteste ça même. Pour moi, ami ou pas, à une table de poker nous sommes adversaires. Bien entendu j’aurais aimé faire la table finale avec mes amis Thomas Petit, Julien Arethuse ou Julien Duveau. Mais ce n’est pas pour autant que nous nous sommes évités ou même épargnés.

Crédit photo : Neil Stoddart
Crédit photo : Neil Stoddart

Fabien : Vient la TF, la proximité avec le titre, la victoire, penses-tu avoir abordé la TF de la meilleure des manières ? T’a-t-il manqué quelque chose finalement pour gagner mais si c’est déjà une superbe « victoire » que cette seconde place ?

« Valvegas » : Oui je n’ai aucun regret sur ma manière d’avoir joué cette table finale. A mon avis il m’était difficile de faire bien mieux. Je m’en suis même très bien sorti et j’ai rempli parfaitement mon rôle de chipleader en début de table finale. La seule chose qui m’a vraiment manqué c’est le petit coup de pouce du destin et la réussite nécessaire pour terminer le head’s up face à Jean. Après je n’ai clairement pas le droit de me plaindre ou même de parler de malchance, car évidemment pour arriver jusque là et finir runner-up, il est évident que j’ai eu pas mal de réussite avant !

Fabien : Une Marseillaise chantait à tue tête, des amis autour de toi, un Saber Harazzi et un Ronan Monfort en version « chaudières en surchauffe » (sourire), tu étais en harmonie totale avec ceux qui te soutenaient ?

« Valvegas » : C’était magique ! Tu ne peux pas imaginer comme cela fait chaud au cœur de voir ta chérie, tes amis, dans le « rail », tous ensemble, mettre l’ambiance et crier ton nom à chaque pot gagné, c’était fou ! Un moment de pur bonheur et ça te pousse encore plus à bien jouer. Tu n’as clairement pas le droit de les décevoir ! Je repenserai encore longtemps à ce moment ou lorsque Dominik Panka bust, tous les français se mettent ensemble à chanter la Marseillaise en chœur. J’en ai encore des frissons rien que d’y penser !

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Crédit photo : Neil Stoddart

Fabien : « Demain », tu le vois comme j’ai pu le lire avec des vacances et avec un programme de tournois plus chargé, mais le « vrai » demain, le futur, tu l’imaginerais comment si tu devais l’idéaliser ?

« Valvegas » : Tu sais, j’ai bientôt 35 ans, deux enfants et une femme que j’aime. J’ai comme tu peux le voir certaines responsabilités et je me dois de ne pas faire n’importe quoi aujourd’hui. C’est pour cette raison que je compte faire quelque chose de bien de cette argent. Je vais donc investir dans l’immobilier afin de faire en sorte de me mettre à l’abri du besoin si demain le poker ne marche plus. Ensuite je compte continuer à jouer quelques events en live mais ce n’est pas pour autant que tu me verras arborer le circuit professionnel de manière récurrente. Sans un sponsor c’est courir à sa perte que de faire ce choix de vie ! Par contre je compte faire une petite exception pour les WSOP cette année ou je discute actuellement avec mes stackers afin de jouer un maximum d’events là bas ! Pour le reste, je vais continuer de bosser mon jeu, accumuler de l’expérience et de l’argent afin d’assurer sereinement mon avenir et celui de mes enfants.