Alban Juen, discussion avec un grinder de l’ombre

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Telle Hushpuppy regardant le monde avec le regard d’un enfant innocent, Alban Juen veut regarder l’univers qui l’entoure avec un autre regard que celui d’un simple joueur de poker. Rendez-vous en « terres inconnues » avec un joueur talentueux mais trop peu connu

1 – Les autres joueurs qui ont pu te rencontrer, parler de poker avec toi, ou t’affronter, le disent « Alban fait partie des meilleurs », et pourtant le grand public ne te connaît pas vraiment. Un mystère que tu entretiens ou juste une personnalité discrète ?

Non simplement, je pense que les joueurs les plus populaires sont généralement ceux qui sont le plus souvent sur le circuit, j’ai au final fais très peu de lives. Après, les personnes populaires sont souvent ceux qui braggent/whinent le plus, j’étais particulièrement doué dans ce domaine au début, mais avec le temps je me suis assagi.

2 – Je t’ai demandé de me faire parvenir quelques photographies qui te tiennent à cœur, la première que je retiens c’est celle avec ce jeune crocodile entre les mains. Alban Juen voyageur ? Aventurier ?

Effectivement, j’aime bien voyager et profiter un maximum ! Je pense que c’est une opportunité quand tu es joueur de poker d’avoir une certaine liberté et de pouvoir gérer ton calendrier comme bon te semble. Les joueurs de poker sont souvent très casaniers, je ne suis pas tout à fait dans cet optique là. Le poker c’est beaucoup de sacrifices, donc il faut profiter le maximum des avantages qui nous sont donnés.

 

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3 – Sur le deuxième cliché (une photo datant de l’ISPT à Wembley il y a quelques années, photos que j’ai du prendre d’ailleurs je crois lol) on te voit avec deux amis joueurs. L’amitié pour toi est quelque chose d’essentiel ? Tu as des amis joueurs ou tout simplement des amis qui comptent énormément dans ta vie ?

Oui je pense déjà que l’échange entre joueurs est primordial pour devenir un excellent joueur, j’ai eu la chance de travailler avec les meilleurs joueurs français, c’est pour moi la principale raison qui m’a permis de côtoyer le haut niveau. De plus les amis dans le poker permettent aussi de garder les pieds sur terre, ça permet de nous rassurer dans les périodes de bad run, et de ne pas s’enflammer dans les gros upswings. En claire, je pense qu’ils m’ont permis de m’équilibrer, ou du moins ils ont tenté. Nico (Nicolas Cardyn) a agi vraiment comme un grand frère pour moi, il m’a appris beaucoup de choses alors que je n’avais encore rien prouvé.

 

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4 – Le troisième cliché, tu es à table, assis devant un très « gros tas » de jetons, le live, tu aimerais qu’il redevienne important dans ta vie de joueur ? Tu aimerais davantage prouver ta valeur sur le circuit mondial ? Un manque ou une frustration à ce niveau ? Un choix personnel de vie qui correspond à cette part de liberté en toi ?

 

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Bien sûr, ça a toujours était un regret de ne pas avoir davantage écumé le circuit live. Mais il faut être réaliste, sans sponsor, c’est très difficile, voir impossible. Après, je participe toujours à 1 ou 2 lives par an, j’essaye de faire ça en fonction des voyages qui me plaisent, j’ai toujours de bonnes sensations, c’est un tout autre poker.

5 – Pour terminer je t’ai demandé de choisir un morceau musical que tu aimes beaucoup, et tu as choisi « Once There Was A Hush Puppy » du film « Les Bêtes du sud sauvage », c’est pour une raison particulière ? Te sens-tu proche de la petite Hushpuppy ?

J’adore ce film tout simplement, difficile de dire que je me retrouve dans Hushpuppy mais c’est un personnage qui évolue tout au long du film, qui fait preuve de beaucoup de caractère et d’indépendance malgré son jeune âge. Je trouve la BO incroyable, Dan Romer et Ben Zeittlin sont tout simplement des génies.